Appel au boycott.
N'achetez pas le dvd de ce film.
Bon. Déjà à sa sortie, j'avais des sentiments mitigés sur le résultat. Je trouvais que dans ce film,la souffrance des gens était traitée avec une légèreté qui me posait un vrai problème.
Ok. C'est un film qui parle de torture, et si on va le voir, c'est bel et bien pour voir ces scènes là, précisément. Quand on aime les films d'horreur, on aime le gore,faut pas se voiler la face. Mais là ou ça coince, selon moi, c'est que les scènes "douloureuses " du film sont filmées avec une telle décontraction, et un tel côté "waaa, la torture, c'est trop cool et trop fun" ... que du coup, on ne se rend même plus compte que sur le fond, ce qu'on regarde dépeint l'innommable. Et accessoirement, que dans le monde, chaque jour, des gens subissent des sévices comparables à ce qu'on voit à l'écran, et que là, certainement, c'est vachement moins rigolo. Surtout pour eux.
Pour moi, c'est clair, quand on veut montrer l'insoutenable, alors il faut y aller dans le côté insoutenable , que ce soit à peine regardable,jusqu'à ce que le spectateur tourne de l'oeil. Pour que , sorti du film, on se dise : "Oh, mon Dieu, pourvu que celà n'arrive jamais en vrai à une personne.".
Et non pas en rajouter dans le côté "train fantome" pour dédrmatiser le truc. Parceque là, dans ce cas, certains esprits faibles pourraient sortir de là en se disant que la torture, ça a l'air assez marrant, finalement...
Pour synthétiser je dirais que si on fait un film sur un sujet horrible,et réaliste, alors il faut le rendre horrifiant. Il faut que ce soit conçu pour traumatiser le public et lui faire ouvrir les yeux. Pas pour le faire rigoler .Parceque si on fait un film d'horreur pour faire marrer les gens, alors, selon moi on est un sale con cynique. La terreur ça doit être oppressant, et la douleur, ça doit être révulsant. Dans le cas contraire, alors je me demande ce qui les retient de faire des comédies sur le 11 septembre, des gaudrioles gores sur l'Holocauste , et pourquoi pas montrer des exécutions réelles dans vidéo-gag , avec les effets sonores qui font PROUT.
On m'a prêté le dvd du film Hostel, qui vient de sortir. Je me disais que j'allais peut-être réévaluer ce film, et que finalement ça passerait. Genre, une petite poilerie gore à la bonne franquette.
J'avais oublié qu'on n'était plus dans les années 80 et que le cynisme avait depuis, tout envahi. La série B y compris.
Alors ben, heu...laissez moi vous dire que je suis maintenant absolument furieux que cet objet nauséabond se trouve chez moi !!!
J'ai jeté un oeil aux bonus du film. Un documentaire d'une heure sur la préparation et le tournage . Making of localisé essentiellement en Tchécoslovaquie, où se situe l'action et où le film a été tourné.
Jamais dans le documentaire consacré à la réalisation d'un film, je n'avais vu un tel mépris pour le pays d'accueil du tournage. Pour les équipes, et les comédiens locaux... Eli Roth, le réalisateur, se révèle en vrai petit con fier de son Americanitude, regardant de très haut les Tcheques qui l'aident à concrétiser son petit truc, et qui, se targuant du soutien de Tarantino, ne se sent plus. (Faudra qu'on parle de Tarantino, un de ces quatres, au fait)
Ces gens, cette équipe, débarquant en rois avec leurs vannes pourries, leur déconnade à la Jackass , dans un pays arriéré, c'est à dire Européen, en Terre Conquise, au nez et à la barbe de la population locale qui travaillerait jour et nuit sur n'importe quel film pour un peu d'argent...Ca m'a fait gerber, vraiment.
Et ça a confirmé les doutes que j'avais eu à la vision du film. Ce mépris, ça se sentait déjà un peu. Il en reste des choses sur la pellicule.
Et puis reste le theme central ,celui de la torture comme distraction de riches oisifs. Eli Roth a beau essayer de se donner bonne conscience avec la confession d'un gars qui , moyennant finance, va dans quelques minutes passer à l'acte sur une Japonaise anonyme, et est tout excité... Il n'en reste pas moins que les scènes de supplices lui ont visiblement fait mouiller sa culotte. Mais sans cesser de déconner, hein, on a la "postmoderne attitude" ou on l'a pas.
Un jeune homme est attaché dans un sous-sol glauque, en caleçon, sur une chaise métallique. Un type arrive avec une perceuse. Le type supplie,pleure sa mère, mais va quand même déguster.Qu'est-ce qu'on rigole !
Maintenant c'est clair, je déteste ce film, et je boycotterai a l'avenir tout film réalisé ou produit par Eli Roth.
Et sur la jaquette du dvd il est annoncé fièrement : Version non censurée.
yeah, ça c'est du courage, les gars.
21/10/06 - 22:58
(Blue, t'es le meilleur critique que je connaisse. Euh, bon, en fait j'en connais pas, mais quand même ! S'ils écrivaient tous comme ça, j'acheterais Télérama et Première, tiens ! :p)
magicvince