Metro-Boulot-Parano.
09:39 . Je suis dans le métro et je vais au turbin.
Entré dans la même rame que moi, un type me semble bizarre d'emblée. J'ai du mal à ne pas garder un oeil dessus. Il est là, debout, droit comme un piquet, cramponné à la rampe verticale au milieu du wagon.Il ne m'inspire pas confiance.
Un type d'une trentaine d'années à la peau mate, bien rasé, le cheveu ras. Mais c'est sa tenue qui me pose un problème. Il est vêtu d'une énorme parka en cuir alors qu'on crève de chaud là-dedans. Et d'ailleurs il transpire abondamment. Je peux détailler les gouttelettes qui perlent le long de sa tempe. Il est totalement immobile. Et je m'apperçois rapidement que ses lèvres sont animées d'imperceptibles mouvements. Il marmonne dans son absence de barbe. On dirait qu'il...qu'il...récite quelque chose. Ca ne me plaît PAS DU TOUT, ça...
OH MY GOD !
D'un coup j'assemble les pièces du puzzle. Il ne récite pas du Mallarmé ...il PRIE ! Il ne transpire pas que parcequ'il fait une chaleur abominable...mais parcequ'il est tétanisé de trouille Et s'il est immobile c'est parceque sinon...il risque...
il risque d'exploser avant qu'on soit arrivés à Bastille !!!!
Putain de bordel de nom de zut ...My Oh MY!!! C'est comme dans "Destination finale "...je visualise...je préssens, je SAIS ce qui va arriver !!! Je suis à deux doigts de prévenir tout le monde : "Ne montez pas dans cet avion, il va couler , ne prenez pas cet autoroute , il va couler !!! N'embarquez pas à bord de ce grand-huit, il vont diffuser du Mylène Farmer à donf quand vous aurez la tête en bas !!!!!"
Dans mon esprit vaseux et vulnérable du matin, tout est à présent bien trop clair. J'en rigole maintenant mais sur le moment vous auriez dû voir ma tronche. Parceque,hélas, une fois l'idée lancée dans mon esprit malade , elle en a fait le tour. Et même plusieurs. C'était évident, et inéluctable : Ce type etait là pour se faire PETER dans le métro à la station Bastille. On allait tous mourir et on allait faire les gros titres. Les prochains sur la liste. Paris. Cette fois c'était Paris.
Alors quand les portes se sont ouvertes, je me suis éjecté du wagon comme une boule de flipper (mais sans rouler) et j'ai foncé dans le premier couloir venu où je serais un peu protégé par les murs de l'explosion programmée sur le quai.
Rien n'a explosé. Et j'ai émergé en pleine lumière, soulagé de sortir vivant d'une de ces merveilleuses bouches de métro Parisiennes.
A Bastille. A une station de chez moi. Et j'ai fini à pied. Et je suis arrivé en retard au boulot.
Je ne comprends pas ce qui m'est arrivé. Tout le monde à une légère tendance à la parano mais là...c'est costaud quand même...Suis-je à deux doigts du cas psychiatrique ?
Merci de ne pas répondre, ou alors avec beaucoup de tact.
25/09/07 - 20:25
Je suis un peu comme toi dans certains moment! c'est fou mais je crois que j'aurais réagit exactement de la même manière! Instinct de survie quand tu nous tiens! ;)
chadan