Volare, Oh-oh...
Je passe deux fois par jour sur le parvis de l'Hotêl de Ville . Une fois le matin pour aller bosser et une fois le soir pour rentrer chez moi.
Eh bien, il m'arrive à ce moment-là un truc assez étrange, et ce, quasi-systématiquement. Je m'explique : Quand je marche dans Paris, j'ai toujours mon baladeur mp3 sur les oreilles. Celui-ci est toujours réglé en mode aléatoire.
Il y a un mois, environ, je décidai de m'arrêter place de l'Hotêl de Ville , pour photographier une sculpture bizarre installée là. Elle représentait une colombe en tube fluorescent rouge perchée sous un néon où était inscrit "HOTEL". En réalité, deux colombes s'éclairaient à tour de rôle pour donner l'impression que l'oiseau s'envolait. Bon, en fait on avait surtout l'impression de voir deux pigeons se grimper dessus, et le néon "HOTEL" rendait le truc encore plus perturbant, ramenant du coup l'Hotel de Ville à un hotel de passes. Je me demandais si c'était exprès...Et pendant que je dégainais mon appareil photo, mon baladeur décida de passer à une chanson prise au pif dans mes milliers de mp3.
Dominique A : "le courage des oiseaux." (Qui chaaaaaaaantent dans le vent glacé) . La coîncidence m'a amusé. Je regardais les colombes se grimper dessus et oui, franchement, on se les gelait ce jour-là. Si seulement nous avions le courage de niquer devant l'hôtel de ville par - 4degrés.
Mais peu à peu, les jours suivant, je commençai à me demander si le baladeur n'avait pas un message à me faire passer. Parceque chaque fois que je traversais le parvis , il me sortait une chanson en rapport avec les oiseaux, ou les avions. Ainsi, mes passages devant l'Hotêl de Ville se retrouvaient systématiquement sonorisés par Veronique Jannot "Aviateur" , Dean Martin "volare" , Pater Gabriel "This is the picture " (Flying birds, excellent birds) ou des trucs du même accabit.
Je me disais en souriant comme un âne sur mon parvis, que j'avais du bol de ne pas avoir de Charlélie Couture (comme un avion sans ailes) ou de Michel Fugain (fais comme l'oiseau). Encore moins de chansons de cet atroce groupe des années 80, les Charts (et je m'envoleuuuh, je voudrais crieeeer ma libertééééééeuh.)
Même si ce n'était pas désagréable, je commençai à me demander ce qui se passait avec l'Hotel de Ville. Et si on n'essayait pas de me faire comprendre quelque chose. Forcément, quand les coîncidences se reproduisent avec une insistance pareille, on commence à se surprendre à voir du Divin partout.
Et puis je n'y ai bientôt plus prêté attention. Sauf que depuis quelques jours , le baladeur du Seigneur s'est mis à me passer TOUJOURS la même chanson sur le parvis.
C'est hallucinant, ça ne rate jamais ! Dès que l'Hotel de Ville est en vue...je me retrouve avec la voix d'un chanteur assez oublié nommé Alain Manaranche. (je vous le disais que vous l'aviez oublié) La chanson s'appelle : "Les oiseaux sans ailes".
Une phrase revient sans arrêt : "Les oiseaux sans ailes/se fatiguent les yeux à lire des prix Nobel"
...HE!!! attendez, mais c'est vrai, en plus, que j'essaie de lire un bouquin d'Amartya Sen, Prix Nobel d'économie, en ce moment. C'est vrai aussi que ça me fatigue les yeux, d'ailleurs.
"Les oiseaux sans ailes/se fatiguent le coeur à rêver du ciel."
Je pars au travail, maintenant. Je suis armé de ma fidèle boîte à musique. Toujours réglée sur "Aléatoire" . Alain Manaranche me parlera-t-il d'un économiste Indien ce matin encore ? Ca commencerait presque à m'inquiéter, ces histoires d'oiseaux...
On verra bien si tout celà cesse, maintenant que j'en ai parlé.
Néanmoins, si un de ces matins, sur la place de l'Hotel de Ville , le vent d'hiver se mettait à souffler un peu plus fort, je ne serais qu'à moitié surpris de m'envoler.
08/03/08 - 11:40
Hitchcockien ! :o)
Marg. (visiteur)